Za Branou en tchèque veut dire « derrière la porte ».
Ce nom a été choisi en 2005, en référence à celui de la troupe de O. Krejka, homme de théâtre dissident, et à une nouvelle écrite par A. Tchekhov « Les groseillers » (NRF, La Pléiade, Œuvres, Tome III, Récits, page 786-787).
Ce texte fonde une de nos valeurs : la considération dans la vie de chacun et dans ses rapports avec ceux et ce qui l'entourent.
« Sans doute l'homme heureux ne se sent-il bien que parce que les malheureux portent leur fardeau en silence, car sans ce silence le bonheur serait impossible. C'est une anesthésie générale. Il faudrait que derrière la porte de chaque homme satisfait, heureux, s'en tînt un autre qui frapperait sans arrêt du marteau pour lui rappeler qu'il existe des malheureux, (…). Mais l'homme au marteau n'existe pas, l'homme heureux vit en paix et les menus soucis de l'existence l'agite à peine, comme le vent agite le tremble, et tout est bien. (...) Aujourd'hui je vous le demande : au nom de quoi doit-on attendre ? Au nom de quelles considérations ? (…) qui dit cela ? (...) existe-il un ordre et une loi qui m'oblige, moi, un homme vivant, pensant, à rester debout au bord d'un fossé à attendre qu'il se comble de lui-même ou que la vase vienne le remplir alors que je pourrais peut-être le franchir ou jeter un pont par dessus ? ».
A. Tchekhov